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Rapport de stage d’observation de rétho von Karman Institute for Fluid Dynamics (IVK)

En Fédération Wallonie-Bruxelles, de nombreux établissements du secondaire intègrent aujourd’hui un stage d’observation en entreprise dans le parcours des élèves de rhétorique. S’il ne constitue pas une obligation générale imposée à tous les élèves de l’enseignement de transition, il est fréquemment prévu par les établissements dans le cadre de leur projet pédagogique. L’objectif est de permettre aux futurs diplômés de découvrir concrètement le fonctionnement d’une entreprise ou d’une institution, d’observer un environnement professionnel et d’affiner leur réflexion sur leurs études et leur orientation.

Dans ce contexte, les élèves de l’École Decroly réalisent eux aussi un stage d’observation, généralement d’une semaine, qui donne lieu à la rédaction d’un rapport. Cet article retrace mon expérience personnelle dans ce cadre au sein de Rapport de stage de rétho au sein du von Karman Institute for Fluid Dynamics (IVK). J’en profite pour faire un petit shout out pour le 70ème anniversaire de l’institut qui aura lieu le 18 et le 19 septembre.

Célébration du 70e anniversaire du VKI

Les 18 et 19 septembre 2026, le von Karman Institute célébrera son 70e anniversaire, marquant sept décennies d’excellence dans les domaines de la mécanique des fluides et de la recherche aérospatiale.

Cet événement exceptionnel de deux jours réunira des anciens du VKI, des chercheurs, des décideurs politiques, des représentants de l’industrie, des partenaires internationaux ainsi que des amis de l’Institut venus du monde entier afin de se retrouver, d’échanger des idées et de célébrer un héritage scientifique commun.

Ce 70e anniversaire constituera une occasion unique de rendre hommage à l’histoire du VKI, de mettre en valeur ses principales réalisations et de se tourner vers les prochaines décennies d’innovation et d’impact scientifique.

La participation à cet événement se fait uniquement sur invitation et est réservée aux invités, aux anciens du VKI ainsi qu’aux membres de son personnel.

Nous proposons également aux organisations intéressées de devenir partenaires de ce 70e anniversaire. Soutenir cet événement offre une occasion unique de positionner votre organisation au cœur d’un réseau international, influent et hautement spécialisé. Plusieurs formules de sponsoring, adaptées aux objectifs de chaque partenaire, sont proposées afin de maximiser votre visibilité et votre impact tout au long de la célébration.

Plus d’information sur le site de l’Institut

Rapport de stage – Intro

Description du milieu professionnel, sur base de documents officiels 

L’institut Von Karman pour la mécanique des fluides est un institut de recherche scientifique. Il est officiellement créé en 1956, lorsqu’un ingénieur et physicien américain, Theodore von Kármán, propose d’intégrer un centre d’excellence dans les installations existantes du Laboratoire aérotechnique de Belgique. Celui-ci prendra son nom à sa mort en 1963. 

L’institut relève du secteur tertiaire non marchand, tout en exerçant également une part d’activité marchande, puisqu’une grande partie des recherches y étant menées sont des commandes de clients (Agence Spatiale Européenne, la Commission européenne, et des entreprises). Leur principale source de financement est toutefois assurée par une quinzaine de pays. C’est un organisme à but non lucratif. Il compte un staff permanent de 129 employés, répartis entre la recherche et l’enseignement, ainsi que plus de 200 étudiantes qui y préparent leur thèse de master ou de doctorat. Son activité est centrée sur la recherche et la formation scientifique, l’institut proposant également de courtes formations, et des séminaires réguliers, les “Lectures Series”.

Au niveau de l’organisation, voilà l’organigramme du VKI. La personne que j’ai suivi la grande majorité du temps est un ingénieur de test dans le département des turbomachines et propulsion. 

Les fonctions principales du VKI se répartissent en quatre blocs : la gouvernance et l’orientation stratégique (Boards of director), la direction exécutive (directeur général), les fonctions de support et de gestion (finance, RH, opérations, communication, gestion de projet, etc), et les fonctions scientifiques et académiques. 

Celles-ci sont organisées autour de trois grands départements de recherche : Mécanique des fluides environnementale et appliquée, Aéronautique et aérospatial, et Turbomachines et propulsion. Les recherches y sont menées par des groupes d’expertises, constitués de responsable de recherche, responsable de projet, d’ingénieurs de recherche (s’occupant, entre autres, de réaliser les simulations des tests et de procéder à une recherche documentaire pour orienter la conception) et d’ingénieurs de test (conduisant les tests, et vérifiant les différentes fonctionnalités d’une pièce technique, d’un équipement, procédé ou système en vue de sa mise au point avant son industrialisation). 

Description du milieu professionnel, sur base d’observation et d’interviews d’employés

Je vais décrire le milieu professionnel dans lequel j’ai passé presque deux semaines au travers d’une comparaison entre ce que je m’attendais à voir et à faire avant le début du stage, et l’échantillon de l’environnement de l’institut que j’ai pu observer. 

J’avais déjà rencontré mon maître de stage (Fabrizio), je n’avais donc pas d’inquiétude à ce sujet. Je ne savais par contre pas du tout à quoi m’attendre au niveau des tâches que j’allais accomplir. On m’avait beaucoup répété que j’allais sûrement faire les tâches « ingrates » et rébarbatives, que j’allais faire le café, etc. J’en ai fait quelques-unes, de plein gré et avec plaisir, mais j’ai vite découvert que ce type de tâche au VKI requiert souvent des connaissances techniques et théoriques que je suis loin de posséder. De plus, le but des personnes que je suivais n’était visiblement pas du tout de me servir de moi pour faire leurs cafés. J’en parlerai plus en détail plus tard. 

La dimension très sociale de la plupart du travail effectué au VKI m’a fort surpris. Je savais évidemment que les projets se réalisaient en équipe, mais je m’attendais à ce que ce soit plus du « chacun pour soi ». La plupart du temps, le travail se fait à plusieurs, ou au moins dans un bureau partagé avec des membres de l’équipe/des techniciens. Les tâches sont vraiment segmentées en fonction des compétences de chacun, mais il n’y a pas de “one man job”, ce qui force les différents membres de l’équipe à travailler ensemble. De plus, des personnes très polyvalentes, ou au contraire avec des compétences très spécifiques, mais ne faisant pas partie de l’équipe sont disponibles dans l’institut au besoin. 

J’ai pu observer des lieux de rencontres/regroupement, car le bureau dans lequel j’étais faisait face au terrain de basket et de volley, entouré de nombreuses tables. Il y avait des étudiants en train d’y jouer et d’y discuter, à toute heure de la journée. Les personnes auxquelles j’ai parlé lundi et dont c’était le premier jour se sont très vite intégrées dans des groupes. La cantine est pleine presque tous les jours, c’est un vrai lieu de rencontre et de rapprochement. Mais le lieu le plus social, surtout pour les employés, reste la cantine. Pleine presque tous les jours, elle rassemble toutes les fonctions de l’institut en un endroit. Un point négatif cependant, est l’organisation spatiale des bureaux. L’institut n’est pas particulièrement grand, mais les employés sont répartis dans des petits bureaux, éparpillés dans tout le complexe. Cela encourage à rester dans son cercle, et réduit l’efficacité de la communication dans certains projets, dont les différents membres peuvent se retrouver très éloignés les uns des autres.

Je ne m’attendais pas non plus à une telle multitude de rôles différents au sein de l’institut, ainsi qu’à un tel panel de recherches et d’activités simultanées, n’ayant parfois rien à voir les unes avec les autres. Cela peut paraître logique, mais chaque détail doit être maîtrisé, il faut donc des employés avec des compétences très précises. Chacun effectue des tâches très différentes, et même des personnes avec une fonction similaire sur le papier (par exemple ingénieur de test, de recherche, responsable de projet, etc), ne font pas du tout la même chose en pratique suivant le département ou le projet sur lequel elles travaillent. 

Au niveau de la gestion du temps et des horaires, cela dépend évidemment de la fonction tenue dans l’institut. Malgré tout, j’observe un horaire typique pour les employés : de 9h (bien que beaucoup de personnes arrivent plus tôt pour diverses raisons, je ressentais cette heure comme la mise en marche générale de l’institut) à 17h. Il y a trois moments de pauses possibles dans la journée. Une courte pause, de 10h à 10h30, que la plupart des employés ne prennent pas systématiquement. La cantine y est ouverte, et propose des fruits et des collations. Les deux machines à café, ainsi que le distributeur de soda sont disponibles à toutes les pauses. La pause du midi, de 12h à 13h30 maximum, est la plus longue pause de la journée. Peu de personnes prennent 1h30 de pause, mais c’est une possibilité. La cantine propose une soupe, un plat et un dessert changeant tous les jours. Enfin, la cantine ouvre entre 15h et 15h30, mais très peu d’employés en profitent. 

Un système de pointage pour les employés a récemment (par rapport à l’âge de l’institut) été mis en place, dans le courant des années 2010. Les employés pointent grâce à leur badge, qu’ils doivent scanner au début et à la fin de leurs pauses. Soit ils décident de sortir de l’institut, auquel cas ils doivent de toute façon scanner leur badge afin d’ouvrir la barrière, soit ils décident de rester dans l’enceinte de l’institut, et doivent pointer sur un scanner se trouvant à l’entrée de la cantine. Ce système a été instauré pour plusieurs raisons, mais notamment car l’institut menait de plus en plus de recherches pour l’industrie, ce qui requiert un contrôle plus précis du temps de travail pour pouvoir facturer en toute transparence. Les étudiants ne doivent pas pointer, et ont donc une gestion de leur temps de travail plus libre, mais possèdent chacun un badge pour circuler librement dans l’institut. 

Ce qui m’amène au point suivant, à savoir le caractère confidentiel de nombreux projets menés à l’IVK. En effet, l’institut est souvent en contrat avec des clients qui ne peuvent pas se permettre que leurs travaux soient rendus publiques, d’une quelconque manière. C’est pourquoi la quasi-totalité des portes du complexe sont verrouillées, et ne peuvent être ouvertes qu’avec un badge. C’est aussi cette raison qui m’a empêché de prendre des photos durant mon stage. J’ai tout de même pu photographier des endroits comme la cantine ou le terrain de basket, mais pas les labos et les bureaux, les lieux où j’étais le plus (voir journal de bord). 

Enfin, j’ai été très étonné par la diversité des sujets traités au sein de l’institut. Je pensais que la mécanique des fluides était une branche restreinte de la physique, mais c’est en vérité tout l’inverse. Je trouve que ce point a plus sa place dans la conclusion, je le détaillerai donc plus dans ce point, mais je trouvais qu’il devait être mentionné dans l’intro.

Journal de bord

Jour 1 – lundi 13 avril 2026

Pour mon premier jour de stage, ma mère m’a proposé de me conduire, afin que je ne sois pas en retard. J’avale donc mon petit-déjeuner (une tartine au chocolat à tartiner), et nous nous mettons en route vers Rhode-St-Genèse. J’arrive un quart-d’heure à l’avance, à 8h45, et je sonne au portique à tourniquet du grand bâtiment blanc devant moi. Je dis mon nom, et que je suis là pour un stage d’observation. On me répond que je ne suis pas enregistré, mais que ça ne fait rien. On m’ouvre le portique, et n’ayant pas fixé de rendez-vous avec mon maître de stage, je déambule au hasard dans le complexe, jusqu’à tomber sur la réception. J’entre, je répète ce que j’ai dit à l’entrée, et on me dit que Fabrizio, mon maître de stage, va arriver. Un jeune homme attend à côté de moi. Il se présente, me dit qu’il s’appelle Giorgio, qu’il vient d’Italie, et que c’est son premier jour à Bruxelles. Nous discutons une dizaine de minutes, anglais, le temps que Fabrizio arrive, et que nous montions dans son bureau. Nous nous installons, et je rencontre l’équipe, en tout cas une partie. En plus de Fabrizio, il y a Cédric, et Antoine. Ils prennent 15 minutes pour faire l’ordre du jour, réunion à laquelle je n’ai pas pu assister. On me dit ensuite que je vais suivre Antoine durant la majeure partie de mon stage (Fabrizio m’en avait déjà parlé par mail). Tout le monde part de son côté, Antoine et moi nous dirigeons vers son bureau. Il se trouve à l’intérieur d’un long bâtiment en béton sans étage, occupé par quelques bureaux, des toilettes et des douches. Il me fait entrer, et me présente Maria et Jure, deux ingénieurs de recherche, respectivement italienne et slovène, travaillant dans la pièce voisine. Ils sont très sympathiques, et je discute avec Jure (qui comme de nombreuses personnes travaillant à l’institut, ne parle pas français) de ce pourquoi je suis là, et de ce que je veux faire plus tard. Il se moque de moi car je dis que j’aime “la science”. Je discute aussi avec Antoine, qui m’explique un peu comment il voit la suite.

Vers 10h30, il me présente le labo R4, un compresseur, m’explique ce qu’ils y font, les principes de bases de chaque partie, et les différents rôles dans les tests menés, qui s’inscrivent à chaque fois dans un projet à long terme. Il me montre aussi la salle de contrôle, et me résume les logiciels et capteurs qu’ils utilisent pour surveiller le compresseur (température, pression, degré de vibration, …) et traduire les données reçues. 

Nous revenons au bureau une heure plus tard. Antoine part courir avec un collègue qui repart en Italie pour deux semaines. Je m’installe dehors, devant le bureau. Il y a un terrain de basket (je ne résisterai pas longtemps à la tentation, je le sens), des tables de ping-pong, et des bancs. Je prends note de ce que j’ai fait jusqu’à maintenant pendant environ une demi-heure. 

Vient la pause, de midi à 13h30. Je mange un sandwich au jambon, et je rencontre Mario, un étudiant de l’université de Bologne, qui vient faire sa thèse de master au VKI. Je parle à Stefano, qui accompagne Mario, et qui est aussi italien. Ils sont tous les deux super sympa, et avec Fabrizio, je me retrouve à une tablée uniquement composée d’italiens, à ma seule exception (ils se sont plaint de la qualité de l’huile d’olive belge et espagnol). 

Nous retournons dans le bureau, je parle avec Antoine et prends des notes. Aux alentours de 14h15, Antoine part chercher des informations sur la tour de refroidissement et la cuve du labo. Je l’accompagne. Il ne trouve pas, mais en profite pour me parler du deuxième projet dont il fait partie : la construction d’une nouvelle installation, dans le cadre d’une thèse de doctorat d’un étudiant (ou de master, je ne sais plus). C’est une grosse installation, et elle ne servira pas qu’à l’étudiant. L’institut pourra l’utiliser à l’avenir. On va aussi voir Rémi, un employé qui a l’air super calé en hardware (c’est trop général, je sais que ce n’est pas exactement ça). 

Nous rentrons au bureau vers 15h15. J’écris tout ce que j’ai retenu, et je formule des questions sur l’institut. Je ne sais pas pourquoi, mais je me dis que ce serait mieux de les poser demain. Bref, je lis mon livre jusqu’à 16h40, heure où Antoine part. Je me balade une dizaine de minutes sur le complexe, et découvre, à deux minutes du bureau, un restaurant-piscine abandonné. Les affiches montrent des prix en francs belges, c’est donc là depuis un petit bout de temps. Je me mets finalement en route vers chez moi à 16h55. 

 

Jour 2 : Mardi 14 avril 2026

Ce matin, je viens en vélo. Le trajet n’est en soit pas si long, une petite demi-heure. Je prends quinze minutes de plus, je ne sais pas comment. Mais ce n’est pas un problème, car j’arrive en même temps que mon maître de stage, vers 8h30. Après un rapide check du R4, j’assiste à un meeting avec Cédric (un ingénieur de recherche travaillant sur les mêmes projets qu’Antoine) concernant le budget, qui prend environ une heure. Cela ne me concernait pas vraiment, j’ai donc consacré ce temps à trouver un projet à réaliser durant mon temps libre, car une partie du travail de mon maître de stage se fait seul, sur un ordinateur, ce qui est moins intéressant pour moi. J’ai eu plusieurs idées, mais une seule me convainc vraiment : interviewer au moins une personne de chaque département, en ajoutant à cela un technicien (je pense déjà savoir qui) et un étudiant préparant sa thèse de master/doctorat. J’ai donc rédigé des questions, et les ai traduites en anglais, car comme je l’ai dit hier (ou dans l’intro, je ne sais pas encore au moment où j’écris ce paragraphe), la plupart des gens communiquent en anglais au sein de l’institut. 

De 10 à 10h20, nous prenons une petite pause, et on m’offre un pain en chocolat, ce qui m’emplit de joie. Nous sortons ensuite de la cantine pour un meeting en plein air. Il faisait froid. Mais au soleil ça allait. Nous rentrons pour discuter d’une partie du compresseur, via un modèle 3D. La précision et la complexité de ce dernier me fascinent. Cette partie de la réunion consiste à énoncer des problèmes identifiés par l’un ou l’autre, pour ensuite essayer de trouver des solutions. C’est très intéressant, il y a pleins de bonnes idées et réflexions, même si, pour être totalement transparent, il y a des passages que je n’ai pas saisis. Après cela, nous retournons au R4, pour ensuite se diriger vers le TEC (le modèle d’aspiration pour la thèse de l’étudiant), afin de régler deux-trois problèmes.

Pendant la pause de midi, je discute avec Fabrizio, et je recroise Mario. Je mange un sandwich au jambon. Je vais essayer de varier un peu mon alimentation le midi. L’après- midi est encore une fois très calme. Je vais chercher l’ordinateur que Fabrizio a préparé pour moi, et l’utilise pour avancer sur mon rapport de stage. 

Je me mets en route vers 16h, car je dois absolument terminer quelque chose pour CanSat. 

 

Jour 3 : mercredi 15 avril 2026

Ce fut une journée très calme, très agréable. Un ami est venu dormir à la maison, son stage ne se déroulant pas très loin. Le matin, nous partons ensemble, lui à pied et moi en vélo. En un gros quart d’heure, j’arrive à l’institut. Comment se fait-il que ce même trajet m’ait pris presque trois fois ce temps un jour plus tôt. Eh bien, j’avais simplement oublié d’allumer l’assistance électrique. Dès que je dépassais 14 km\h, je me retrouvais à devoir tirer un vélo de pratiquement 30 kg… 

Tout cela est passionnant, malheureusement je dois raconter ma journée. Je rejoins Antoine vers 8h50, et nous nous dirigeons vers le R4, pour effectuer des modifications dans le câblage du compresseur. Pendant ce temps, je vérifie l’étanchéité de canaux venant d’arriver. Il y a 64 canaux à vérifier, et il faut laisser la pression une minute dans chacun d’eux. Ça m’a donc occupé un certain temps. Ça peut paraître laborieux, mais je ne me suis pas du tout ennuyé (notamment grâce à Xavier). Tout est nouveau pour moi, et même ce qui a l’air rébarbatif, je le prends comme une expérience. A 11h, je prends une petite pause. Je vais m’asseoir en face de la piscine abandonnée. 15 minutes plus tard, je retourne au labo et termine ce que j’ai commencé. Durant la pause, je mange avec Fabrizio, qui doit faire une présentation sur l’avancée d’un projet à la fin de la journée. Il profite donc du repas pour mettre au clair les détails avec des membres de l’équipe. Moi, je mange un sandwich poulet-curry. Après cela, je rentre au bureau et m’assoupis devant un match de football américain (Raiders – Panthers 2016 pour les curieux). Je me réveille vers 14h. Antoine était en réunion jusqu’à 14h15, je n’étais donc pas vraiment en retard. Je retourne dans la salle de contrôle du R4. Une petite demi-heure plus tard, je vais au bureau pour travailler sur l’ordi qu’on m’a prêté. Je termine vers 16h, et cède à la tentation du panier de basket, celui-ci me narguant depuis trois jours. 

Pour l’instant, j’adore l’ambiance. Il fait super beau, les gens sont très drôles, tout est très calme et détendu (pour moi en tout cas) on me laisse de l’autonomie. Je ne fais pas grand-chose, mais globalement je trouve mes journées intéressantes. Et puis, ça change vraiment de l’école. Je suis vraiment en train de prendre conscience du fait qu’il ne me reste plus que 1 mois de cours là-bas dans ma vie. Je ne réalise pas bien.  

 

Jour 4 : Jeudi 16 avril 2026

J’arrive légèrement en retard à cause d’une panne d’oreiller. Antoine et Xavier bossent déjà dans le R4, afin de finaliser le montage du compresseur. Ils changent les câbles acheminant l’huile pour « l’arbre » (une partie du compresseur), et bouchent toutes les entrées d’air non utilisées, normalement remplis par des capteurs. Puisque je n’ai pas le droit de la prendre en photo, je fais un schéma du labo, et essaye de décrypter les panneaux aux murs. A 10h, je réalise un nouveau test d’étanchéité sur des canaux. C’est un modèle différent, mais la tâche est la même. A la pause, nous discutons des études avec Antoine, et je mange une viennoiserie qu’il a pris pour moi ce matin. Vraiment un chic type cet Antoine. 

À 11h, l’équipe se réunit pour parler des avancées concrètes de chacun, et de pleins d’autres choses sûrement, mais on a refusé que j’y assiste car certaines infos sont confidentielles. C’est dommage, je reprends donc ma tâche, jusqu’à midi. Je mange avec Fabrizio et un professeur de Notre-Dame, l’université américaine. Encore une fois ça permet d’entrainer mon anglais, donc je suis content. Nous parlons de politique, plus précisément de Donald Trump.

Je rejoins Antoine et Xavier au labo, qui continuent de préparer les futurs tests. J’en profite pour poser des questions sur l’installation. Au bout d’une heure, je rentre au bureau pour travailler sur mon rapport. Vers 17h30, je me mets en route. Une journée calme et paisible, comme je les aime.

 

Jour 5 : vendredi 17 avril 2026

J’arrive vers 9h. Antoine est déjà en train de travailler au labo. Il est censé réaliser des tests, mais il a détecté des problèmes au niveau du débit, du TT (le capteur de température), de la lecture de la vitesse de l’écoulement dans le système, et de certains canaux, qui n’indique pas la bonne pression. Il a donc retardé la venue d’une compagnie extérieure, qui devait aider à vérifier l’équilibre dynamique du système (j’espère que je l’ai bien formulé mais je ne suis pas sûr). 

« Nous » avons donc passer la matinée à identifier les problèmes et essayer de trouver leur sources (je mets le nous entre guillemets car je n’ai pas vraiment aidé). Pour les canaux par exemple, on a essayé de voir s’ils étaient bouche. On a donc injecté de l’air comprimé dans ceux-ci. Si on entend un bruissement, ce que l’air circule librement à travers le canal. Sinon, c’est probablement qu’il est bloqué. 

Vers 11h, on se rend dans un autre labo, avec deux installations, le CT-2 et le CT-3. Antoine a discuté avec Alberto, un ingénieur de test travaillant dans ce labo, et il a dit qu’il pouvait tout à fait me présenter ce qu’il y faisait, surtout que j’arrive en pleine phase de test. Mais Sergio, la personne chargée du labo, refuse que j’assiste aux tests, car la plupart des résultats produits sont confidentiels. Il se doute bien que je ne suis pas un espion, mais faire une exception pour moi pourrait poser problèmes. C’est dommage, les tests sont super impressionnants à ce qu’on m’a dit, la pression pouvant monter jusqu’à 300 bars dans les installations. 

Jusqu’à 12h, Antoine a travaillé sur le labview, pendant que j’essaie de comprendre le principe de “torque”, car Antoine me l’avait rapidement expliqué lundi, mais j’ai tout oublié. Ce n’est pas super compliqué, mais je tombe sur plein d’autres concepts super intéressants pendant mes recherches. Je passe donc une petite heure à naviguer d’une page Wikipédia à une autre, et à enchaîner les vidéos. Sur le temps de midi, je mange du riz au bœuf, avec une sauce dont je ne connais pas le nom. Je n’ai toujours pas osé interviewer quelqu’un, je ne sais pas pourquoi. Peut-être que je devrais commencer par une personne que je connais déjà, pour me mettre en confiance, même si ça a moins d’intérêt. En tout cas, il faut absolument que je le fasse la semaine prochaine. L’après-midi, je regarde encore un peu ce que font Xavier et Antoine dans le labo, puis je vais travailler mon rapport de stage au bureau. 

Antoine m’a dit que la semaine prochaine, normalement, nous pourrions faire un tour complet de l’institut, et qu’il m’expliquerait au maximum les différents lieux par lesquels nous passerons. Il m’a également dit qu’il a discuté avec une ingénieure travaillant dans un autre labo, et que je pourrai passer un moment avec elle. Elle ne parle pas français, la communication sera donc moins facile qu’avec Antoine, mais je pense que ça ira. Fabrizio m’a aussi expliqué qu’il ne m’avait pas proposé de l’accompagner cette semaine, car il était souvent derrière son ordi, mais que la semaine prochaine, il ferait des choses plus concrètes. 

Je pense donc que la deuxième semaine de mon stage ne sera pas redondante. J’ai vraiment aimé ce que j’ai vu et fait jusqu’à maintenant, et je ne me suis pas ennuyé, mais une deuxième semaine comme celle-ci me lasserait sûrement. 

 

Jour 6 : Lundi 20 avril 2026

J’arrive vers 9h, et comme la semaine passée, Fabrizio et l’équipe se réunissent pour discuter de comment va se dérouler la semaine. Je reste donc dans la salle de contrôle du R4. Je fais quelques recherches sur l’effet Venturi, car j’en entends beaucoup parler depuis le début du stage sans vraiment savoir de quoi il s’agit. Après cela, j’écoute de la musique jusqu’à ce qu’ils aient finit, c’est-à-dire 10h10. Je voulais poser des questions à Xavier, pour compléter mon rapport de stage. Mais évidemment, il disparaît au moment où j’ai besoin de lui. Il revient en même temps qu’Antoine et Fabrizio, sinon ce ne serait pas drôle. 

Jusqu’à 11h, ils comparent les données de référence du compresseur avec celles obtenues grâce aux tests menés vendredi. J’aide un peu, et on (cette fois je peux vraiment mettre « on ») remarque que les rayons d’entrées différent, ce qui fausse forcément les résultats. Ensuite, jusqu’à la pause, c’est une phase de test et d’identification des problèmes, qui se passe très bien. 

J’essaie d’attraper Xavier juste avant la pause, mais, comme tous les midis, il se vaporise et part je ne sais où. Ce midi, je mange des pâtes fourrées.

Antoine part l’après-midi, je rejoins donc Fabrizio. Il a d’abord une discussion avec un étudiant, lui conseillant des entreprises italiennes pour lesquelles il pourrait postuler après la fin de sa thèse de doctorat. Nous allons ensuite voir Giacomo, un doctorant que j’avais déjà vu auparavant. Il travaille sur les turbulences et la couche limite, avec une ancienne soufflerie de la NASA. C’est une soufflerie à basse vitesse, extrêmement sensible. Fabrizio part pendant un moment, et j’en profite pour discuter avec Giacomo, qui est vraiment très sympa. Vers 15h30, nous le laissons travailler et rentrons au bureau de Fabrizio. Il me dit qu’il va travailler sur son ordi, et qu’aujourd’hui je peux partir plus tôt. Il me dit aussi qu’il part jusqu’à jeudi, donc qu’on ne se reverra pas avant mon dernier jour de stage. Je vais un peu travailler sur mon rapport, et m’en vais vers 16h20.

 

Jour 7 : mardi 21 avril 2026

J’arrive un peu avant 9h, Antoine, Cédric et Xavier sont déjà dans la salle de contrôle du R4. Ils discutent des problèmes de vibrations de l’installation. Une entreprise vient demain pour régler ça et au passage faire l’équilibrage dynamique. Pendant ce temps, j’« interview » Xavier (c’est un bien grand mot pour qualifier la discussion que nous avons eu). 

Vers 10h, Antoine me dit qu’il peut m’emmener faire un tour des installations de l’institut. Malheureusement, il reçoit un message d’un collègue s’occupant de la partie design d’un projet, lui disant qu’ils doivent se voir maintenant, pour faire un suivi du projet. Ce n’était pas très intéressant pour moi, mais j’ai appris que certaines de leurs pièces étaient fabriquées avec de la poudre comprimée. C’est une technique d’impression 3D dont je n’avais jamais entendu parler, ou de la poudre est étalée en une fine couche, et un laser (ou autre) lie et solidifie la poudre. Une nouvelle couche est ensuite étalée, et le processus se répète. Cela réduit les pertes (la poudre non utilisée peut être recyclée), permet de créer des géométries complexes, et ne nécessite pas de supports de construction. 

Au bout d’une grosse demi-heure, voire plus, nous retournons au bureau, et Antoine prend le temps de regarder et commenter mon rapport. Il me montre comment faire deux ou trois trucs sur Word, et me donne des infos sur l’institut. J’en profite aussi pour interviewer Samuel, un employé qui a commencé un doctorat cette année. Il travaillait aux Pays-Bas, mais recherchait un côté plus technique, ce qui l’a attiré vers la recherche. Il m’a bien aidé, ses réponses étaient pertinentes, donc merci à lui. 

Je décide de manger sur les tables du terrain de basket, mais je rentre vite au bureau, car il fait plus froid que ce à quoi je m’attendais. 

Après la pause, Antoine me présente les installations principales de l’institut. C’est quelque chose que j’attendais, je suis plutôt content. 

 

Nous passons d’abord par le C1, l’installation ou travaille Giacomo, que j’ai mentionné hier. Elle est en fait plus grande que ce qu’il n’y paraît, avec un système d’aspiration et de soufflerie se trouvant dans une pièce à côté, qui ne sont donc pas visibles au premier abord. 

 

Nous avons juste à nous retourner pour voir le Longshot. C’est un long tube de plus de trente mètres de long au total, se terminant par une grande cuve. Il est utilisé pour simuler l’entrée en atmosphère (terrienne et marsienne), par exemple d’un satellite, ou de débris spatiaux. 

A l’entrée du tube, de l’air sous pression va rompre un premier diaphragme, ou un piston bouche la sortie. L’air sous pression va se détendre et propulser le piston dans la suite du tunnel, comme une balle dans un fusil. Le piston va à son tour compresser l’air dans le tube, jusqu’à arriver au deuxième diaphragme, qui va se rompre sous la pression, et libérer l’air dans la cuve, a une vitesse pouvant atteindre Mach- 14 (14 fois la vitesse du son). C’est dans la cuve qu’est la zone de test, consistant en un modèle réduit du satellite ou des débris étudiés. 

 

Nous passons devant le R4, pour nous rendre au Plasmatron. Il est utilisé pour tester la résistance de matériaux\modèles à la chaleur. Une torche de plasma est générée dans une chambre de test. Le plasma est du gaz amène à une température tellement élevée qu’il va s’ioniser, c’est-a-dire que ses électrons vont être arrachés par des atomes, produisant des ions négatifs et positifs libres. Le cœur de la torche peut monter jusqu’à 10 000 K. La partie où sont réalisés les tests refroidit beaucoup, mais reste a plusieurs milliers de degrés. 

 

Nous sortons du bâtiment pour aller voir le CT2 et le CT3, dont j’ai déjà parlé vendredi. Je n’ai pas eu beaucoup plus d’explications, car on nous a demandé de sortir. Antoine m’a quand même montré à quoi correspond une pression de 7 Bars. Nous avons mis des casques anti bruits, et il a ouvert une vanne. Le bruit était très impressionnant, et le flux d’air vraiment puissant. Dans le CT2, il peut y avoir une pression allant jusqu’à 300 Bars. je peux donc maintenant mieux mesurer à quel point c’est puissant. 

 

Direction le S1, se trouvant dans un autre bâtiment. C’est, si on résume très fort, un gros R4. Il permet aussi de tester des cascades d’aubes, entre autres. J’ai reçu un paquet d’infos en même temps, ce que j’ai retenu, c’est qu’il possède un compresseur différent du R4, consistant en une série d’hélices, comprimant l’air passant à travers. Nous sommes descendus en dessous de l’installation, pour voir le tuyau retournant l’air dans le système, ainsi que les conduits acheminant l’huile (tout ce que je décris là est en fait assez grand). Le S1 est utilisé par les 3 départements. 

 

Je suis Antoine, mais je commence à ne plus vraiment comprendre ou je suis dans l’institut. On arrive dans un hangar, qui contient la plus grande installation de l’institut : le L1. J’ai déjà utilisé le mot « grand » aujourd’hui, mais la c’était vraiment énorme. Le L1 consiste en une soufflerie, depuis laquelle on peut faire coulisser deux tunnels, d’à peu près 5 mètres de diamètre. On ne dirait peut-être pas comme ça, mais c’est très imposant. Le L1 sert à réaliser des tests à basse vitesse (c’est-a-dire en dessous de la vitesse du son), par exemple pour simuler le comportement du vent sur des modèles urbains, ou des éoliennes. Ils ont aussi réalisé des tests sur des personnes, par exemple en mettant un cycliste dans le tunnel. 

 

Nous passons enfin par de plus petites installations, notamment une table vibrante, servant a étudié le comportement de métaux si on les secours, ou encore un dispositif ou le projet actuel est de trouver un moyen de diminuer l’adhérence des insectes sur le matériel (par exemple pour les avions). Ils vont donc envoyer des insectes s’écraser sur des aubes, en boucle. C’est assez spécial.

 

J’ai vraiment bien aimé ce petit tour, car il m’a permis de voir la diversité des projets en cours, et toutes les possibilités de test à l’institut. Je ne savais même pas que certaines des choses que j’ai vues existaient avant aujourd’hui.

 

Après cela, je rentre vite au bureau pour rapporter ce que j’ai retenu tant que c’est frais, car je n’ai pas eu le temps de tout noter. Je me mets en route vers 16h45.

 

Jour 8 : mercredi 22 avril 2026

J’arrive vers 8h20, car Alberto m’a dit qu’il aurait du temps en matinée pour m’expliquer le fonctionnement du CT-2 et 3. Ce sont, en résumé, des grosses seringues. On fait le vide dans un réservoir, appelle dumptank. A l’autre bout de l’installation, l’air est mis sous très haute pression ( 170 à 300 bars). Au bout du tube d’air, une trappe à ouverture rapide (qui s’ouvre à l’aide d’une goupille et d’un explosif) mène vers le dump tank. Lorsque celle-ci s’ouvre, la surpression du tube et la dépression du dumptank vont amener l’air à s’engouffrer (très rapidement) dans le réservoir. L’air passe entre-temps par une cascade d’aube (comme dans le R4), et des mesures sont collectées. Tout cela dure en moyenne 0,3s. La différence entre le CT-2 et le CT-3, c’est que dans le 3, l’air passe dans un rotor, qui doit être mis en marche au préalable, en raison de son poids (500 kg). C’est donc une section de test statique dans le CT-2, qui peut effectuer jusqu’à 27 tests par jour, et dynamique dans le 3, qui tourne au maximum autour des 3 tests par jour. 

 

Nous attendons ensuite la personne de chez I-Care, qui vient pour les problèmes de vibrations. Xavier me donne une vis. Je vais la garder en souvenir. Antoine, car oui l’employé  d’I-Care s’appelle également Antoine, arrive avec 45 minutes en retard. Il met en place le câblage, et commence les tests. A 10h26, on démarre le compresseur. J’observe les étapes clés des réglages, et discute avec Xavier et Antoine. Je vais manger vers 12h20, Antoine reste pour continuer les tests. Il fait super beau, je mange donc mes pâtes bolo dehors. 

 

Quand je reviens, ils sont toujours en train d’équilibrer. L’équilibrage consiste en des prises de données (il mesure principalement la vibration) grâce à des accéléromètres, placés à l’entrée et la sortie d’une partie du compresseur, au fur et à mesure qu’on augmente la vitesse de celui-ci. Antoine d’ICare rentre les données, et en ressort des masses a ajouter a certains endroits pour corriger les vibrations. Ensuite, on répète tout depuis le début, jusqu’à avoir des vibrations acceptables. Pendant les temps d’attente, on est tous dans la salle de contrôle, sauf le Antoine d’I-Care. C’est dommage pour lui parce qu’il y règne une chouette ambiance. 

Cela prend beaucoup de temps. Il y a sûrement un problème, surtout qu’une autre partie du compresseur, beaucoup plus embêtante à atteindre, commence à vibrer anormalement. Je vais au bureau vers 16h pour travailler sur mon rapport. Je m’en vais vers 17h10.

 

Dernier jour : jeudi 23 avril 2026

C’est déjà la fin aujourd’hui. C’est passé extrêmement vite, et j’y reviendrai en détails plus tard, mais j’ai vraiment aimé mes deux semaines à l’institut. En tout cas, je me mets en route, prevoyant d’arriver vers 8h30-8h40. Malheureusement, la batterie de mon vélo tombe à plat peu après que je me sois mis en route. Le mot éprouvant est vraiment approprié pour décrire la suite du trajet. J’arrive donc à 8h50, transpirant et épuisé. Je me change et me rends à la salle de contrôle du R4, comme j’en ai maintenant l’habitude. Antoine m’a repris une couque à la crème et au chocolat, qui est toujours aussi bonne. Merci à lui. D’ailleurs, pour le remercier de ces neuf jours, j’ai apporté des chocolats Merci et des violettes. Xavier m’avait dit que c’était ses bonbons préférés. Antoine me dit ensuite le planning de la journée : la visite I-Care n’ayant rien résolu, ils vont devoir démonter le compresseur pour changer les roulements. Ça mettra plus d’une journée, aujourd’hui, il vont retirer l’instrumentation. L’après-midi, je pourrai normalement visiter d’autres labos.

Je discute avec Eric (un technicien s’occupant entre autres du R4), puis vers 9h40, j’aide un peu. Je fais un listing de câbles sortant du compresseur, puis je leur fais de nouvelles étiquettes. Ça me prend environ un quart d’heure.

Vers 10h, on monte à la cantine. Je mange la couque d’Antoine. En rentrant au labo, je lui pose des questions que j’avais préparées au préalable (les mêmes que j’ai posées à Samuel). J’aide (encore !) en mettant du téflon dans les interstice d’un conduit acheminant l’huile. 

Pendant la pause de midi, je mange dehors, il fait magnifique. Antoine va courir, et revient une demi-heure plus tard. Nous discutons de basket, ce qui est toujours un plaisir pour moi. Il y a des étudiants qui jouent (ils font juste des shoots, sans courir) juste à côté de nous. Chaque midi, j’avais envie de demander au gens que je voyais sur le terrain de jouer, mais, comme d’habitude, je n’ai pas osé. Je me dis donc que c’est mon dernier jour, et que malgré toutes mes bonnes excuses, ce sera ma dernière chance de faire un basket. Je leur propose donc un 3 contre 3, puisqu’ils étaient 5. Evidemment, ils ont des réunions plus tard dans la journée, et refusent de peur d’être transpirant. Ils me disent que par contre, ils seront très motivés demain. Je réponds que je pars aujourd’hui, et de cette manière une discussion se lance. Ils sont vraiment très sympas, et comme d’habitude, je me mords les doigts. Je n’ose jamais aller vers les gens, mais a chaque fois que je le fais, je repars très heureux, et regrette de ne pas l’avoir fait plus tôt. 

Comme prévu, après la pause, Sara, une ingénieure de test travaillant dans la pièce à côté du bureau d’Antoine, me fait la visite des installations sur lesquelles elle travaille. Elle parlait en anglais, et m’expliquait mine de rien des concepts assez techniques. J’ai tout de même réussi à suivre ce qu’elle me racontait. Elle travaillait sur trois installations : une étudiant les comportements des sprays, une autre sur l’étude de l’érosion de la pluie sur des matériaux, comme par exemple des pales d’éoliennes (et c’est en fait beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît), et une dernière permettant de déterminer la vitesse d’un flux. Je sais que comme ça, ça a vraiment l’air ennuyeux, mais quand on a tous les détails, les réflexions et les utilités, ça devient vraiment intéressant. Pareil pour l’explication que Aude (une ingénieure de recherche travaillant dans un autre département, si j’ai bien compris) m’a faite de ses projets. Elle travaille sur des échangeurs de chaleur, et des tests de matériaux en supergravité. Si je ne détaille pas les différents projets, c’est parce que ça me prendrait vraiment beaucoup de temps (j’ai quatres pages de notes, sans compter ce que j’ai décidé de ne pas noter mais de retenir), et que je n’ai pas saisi la totalité. Ce serait donc de longues explications, parfois incomplètes. 

Je retourne ensuite au R4, pour repartir une dizaine de minutes plus tard, Antoine ayant une réunion. J’en profite pour travailler sur mon rapport, et faire un peu de basket, jusqu’à la fin de la réunion d’Antoine.

Conclusion 

Appréciation générale, et que m’a appris ce stage

Je voudrais commencer en disant que j’ai vraiment passé un excellent stage, et que c’est en grande partie grâce aux personnes qui m’ont accueillies à l’Institut Von Karman. J’aimerais donc remercier Fabrizio, mon maître de stage, Antoine, la personne avec qui j’ai passé la presque totalité de mon temps durant ces deux semaines, Xavier (plus largement les personnes travaillant sur le R4, que j’ai beaucoup côtoyées), et tous les employés de l’institut que j’ai rencontré, tous souriants et amicaux, et qui ont pris du temps pour m’expliquer leur métier, de manière accessible et intéressante. 
Mais ce n’est bien sûr pas la seule raison du bon déroulement de mon stage. Je l’ai déjà mentionné dans l’intro, mais la mécanique des fluides est un très grosse branche de la physique, et je n’en avais pas vraiment conscience jusqu’à maintenant. De la simulation de modèles urbains jusqu’à l’entrée en atmosphère d’un satellite, en passant par les éoliennes, l’érosion, et les réacteurs d’avions, lorsqu’une technologie est développée, elle doit forcément faire face aux contraintes du fluide dans lequel elle se trouve. Avant le début de mon stage, je suis allé aux portes ouvertes de l’institut, et bien que j’ai vraiment apprécié l’après-midi, j’ai commencé à un peu douter. Est-ce que les turbines font vraiment parties de mes centres d’intérêt ? Et si je passais 2 semaines à regarder des hélices tourner ? 
Maintenant que mon stage est terminé, je peux dire que oui, des turbines peuvent m’intéresser. Ça dépend juste de ce qu’on en fait. La plupart des projets qui m’ont été présentés me plaisait d’une manière ou d’une autre. De plus, ce que j’ai vu aux portes ouvertes ne représente qu’une très petite partie de ce qui se fait à l’institut. 
C’est d’ailleurs une autre chose qui m’a beaucoup plu : pouvoir me balader (presque) librement dans l’institut, et observer ce qui s’y fait en globalité. En effet, dès le premier jour, Antoine m’a donné un bracelet me permettant de déverrouiller toutes les portes du complexe. Je ne pouvais évidemment pas aller partout, mais rien que le fait d’ouvrir une porte en scannant mon bracelet me procurait un sentiment de toute-puissance assez agréable, surtout lorsque je croisais des visiteurs, qui avaient parfois le même âge que moi. 
Un autre point positif, est que j’ai appris beaucoup de choses, notamment, et sans surprises, sur la physique. Lorsque l’on m’expliquait un projet, il y avait évidemment des parties et des principes que je ne connaissais pas, et je demandais la plupart du temps à ce qu’on me les explique. De plus, durant des moments où je n’avais rien à faire, par exemple lorsque j’étais dans la salle de contrôle, et qu’Antoine faisait des réglages sur le R4, j’essayais de me renseigner sur des concepts que je ne maîtrisais pas et dont j’entendais parler à l’institut. 
Pour conclure ce rapport, je dirais que ce stage m’a éclairé sur quelques points encore flous pour moi. Je ne compte pas me dirigé vers la physique, mais j’ai vraiment aimé l’environnement professionnel, et bien que ce soit une exception très peu représentative du monde du travail, cela ne me dérangerait absolument pas de travailler dans ce type de milieu professionnel. Je suis maintenant encore plus convaincu que j’aime la recherche, même si je ne suis pas du tout sûr de vouloir faire ça. Cela reste encore une sorte de “rêve”, qui malgré tout possède des inconvénient, comme l’instabilité durant les premières années, la compétition, devoir sans cesse changer de lieu de travail… Mais ces défauts sont moins présents dans un endroit comme le IVK. Ce genre d’environnement serait donc une bonne alternative entre mon appétence envers la recherche et une certaine stabilité.

 

Pour ceux qui ont tout lu (ou du moins parcouru l’entièreté), j’espère que vous avez passer un agréable moment !